Contrairement à de nombreuses allégations cosmétiques, les indices SPF ne peuvent pas être estimés à partir d’une formulation ni calculés uniquement à partir de la concentration en filtres UV. Ils doivent être déterminés à l’aide de méthodes d’essai validées qui démontrent le niveau de protection offert par le produit fini.
Au sein de l’Union européenne, les produits solaires sont réglementés en tant que cosmétiques en vertu du règlement (CE) n° 1223/2009. En plus de respecter le règlement sur les cosmétiques, les fabricants doivent suivre la recommandation 2006/647/CE de la Commission européenne sur l’efficacité des produits solaires et les allégations qui s’y rapportent. Cette recommandation établit les principes permettant de justifier les allégations relatives aux produits solaires et est devenue la référence reconnue dans toute l’industrie cosmétique européenne.
Les tests de SPF sont-ils obligatoires d’un point de vue légal ?
Le règlement sur les cosmétiques ne contient pas d’article spécifique stipulant que chaque produit solaire doit faire l’objet d’un test de SPF. Cependant, les fabricants ont la responsabilité légale de s’assurer que toutes les allégations cosmétiques sont véridiques, étayées par des preuves suffisantes et qu’elles n’induisent pas les consommateurs en erreur.
Un indice SPF, c’est une allégation d’efficacité. Selon le règlement (UE) n° 655/2013 de la Commission, les allégations cosmétiques doivent être étayées par des preuves suffisantes et vérifiables. Comme l’indice SPF indique un niveau de protection mesurable, on s’attend généralement à ce que des tests en laboratoire appropriés viennent étayer cette allégation.
En pratique, les produits cosmétiques commercialisés avec des allégations de protection solaire (SPF) doivent être accompagnés de données d’essais prouvant que le niveau de protection indiqué est exact.
Que mesure l’indice SPF ?
Le FPS, ou facteur de protection solaire, mesure l’efficacité avec laquelle un écran solaire protège la peau contre les rayons ultraviolets B (UVB).
Les rayons UVB sont les principaux responsables des coups de soleil et contribuent aux lésions cutanées ainsi qu’au développement du cancer de la peau. L’indice SPF indique le niveau de protection offert dans des conditions de test contrôlées.
Un indice SPF plus élevé offre généralement une meilleure protection contre les rayons UVB, même si cette amélioration n’est pas proportionnelle. Par exemple, un indice SPF 50 n’offre pas deux fois plus de protection qu’un indice SPF 25.
Il est important de noter que le SPF ne mesure pas la protection contre les rayons ultraviolets A (UVA). La protection contre les UVA est évaluée séparément à l’aide de méthodes de test spécifiques et fait l’objet de ses propres exigences réglementaires.
Quelles sont les méthodes d’essai utilisées ?
Les recommandations européennes reconnaissent les méthodes normalisées et acceptées à l’échelle internationale pour déterminer les performances du SPF.
Traditionnellement, le SPF est mesuré par des tests in vivo, où la crème solaire est appliquée sur la peau de volontaires dans des conditions de laboratoire soigneusement contrôlées. La capacité du produit à retarder les rougeurs cutanées provoquées par les UV est ensuite comparée à celle d’une peau non traitée pour calculer la valeur du SPF.
Ces dernières années, les méthodes in vitro validées ont également pris de plus en plus d’importance. Les avancées scientifiques et les efforts réglementaires visant à réduire les essais impliquant des volontaires humains ont conduit au développement de méthodes de laboratoire alternatives pour certaines évaluations des produits solaires. En fonction de l’allégation et des normes applicables, ces méthodes peuvent être utilisées lorsqu’elles ont été validées de manière appropriée.
Comment les allégations relatives au SPF sont-elles classées ?
La Commission européenne recommande de simplifier les allégations sur les crèmes solaires pour que les consommateurs les comprennent plus facilement.
Plutôt que de mettre l’accent uniquement sur des chiffres précis de SPF, les crèmes solaires sont généralement classées en quatre catégories de protection :
- Protection faible
- Protection moyenne
- Protection élevée
- Très haute protection
Chaque catégorie correspond à des plages de SPF spécifiques. Par exemple, les produits portant la mention « SPF 50 » ou « SPF 50+ » entrent dans la catégorie « très haute protection ».
Cette approche aide les consommateurs à comparer plus facilement les produits tout en réduisant le risque de publicité trompeuse.
Et la protection contre les UVA ?
Les recommandations européennes soulignent que les produits solaires efficaces doivent protéger à la fois contre les rayons UVB et les rayons UVA.
Pour garantir une protection équilibrée, le facteur de protection contre les UVA mesuré doit représenter au moins un tiers de la valeur SPF indiquée sur l’étiquette. De plus, le produit doit respecter les critères recommandés en matière de longueur d’onde critique, qui attestent d’une protection UV à large spectre.
Lorsque ces critères sont respectés, les fabricants peuvent utiliser le logo « UVA » qu’on voit souvent sur les emballages des crèmes solaires partout en Europe.
Comme les tests UVA impliquent des procédures et des critères d’évaluation distincts, ils sont considérés comme un volet à part entière de l’évaluation des performances des crèmes solaires.
Pourquoi le SPF ne peut-il pas être calculé à partir de la formule ?
Les fabricants estiment parfois le SPF attendu lors de la formulation en tenant compte des types et des concentrations des filtres UV utilisés.
Par contre, la protection réelle offerte par le produit solaire fini dépend de nombreux facteurs qui interagissent entre eux, notamment la répartition des ingrédients, la taille des particules, l’émulsification, la formation d’un film sur la peau, les caractéristiques d’application du produit et la stabilité de la formulation.
De petites modifications dans la formulation peuvent considérablement altérer les performances d’un écran solaire, même si les filtres UV eux-mêmes restent inchangés.
C’est pour cette raison que les analyses en laboratoire du produit fini restent indispensables.
Quels produits doivent faire l’objet d’un test SPF ?
Tout produit cosmétique qui prétend offrir une protection solaire doit pouvoir justifier ses allégations en matière de SPF.
Ça inclut les crèmes solaires classiques, mais aussi des produits comme les crèmes hydratantes pour le visage, les crèmes de jour, les fonds de teint, les baumes à lèvres, les BB crèmes, les CC crèmes et d’autres produits cosmétiques vendus avec un indice SPF.
Même si la protection solaire est présentée comme un avantage secondaire, les fabricants doivent prouver le niveau de protection annoncé.
Garantir l’efficacité à long terme des crèmes solaires
Démontrer la valeur initiale du SPF ne représente qu’une partie de l’évaluation du produit.
Les fabricants doivent également s’assurer que le produit solaire conserve ses propriétés tout au long de sa durée de conservation prévue. Les études de stabilité permettent de vérifier que la formulation reste stable sur le plan physique et chimique et que les filtres UV continuent de fonctionner comme prévu dans des conditions normales de stockage.
La compatibilité de l’emballage peut aussi avoir une incidence sur l’efficacité des crèmes solaires, surtout quand les filtres UV sensibles risquent d’être altérés par la lumière, l’oxygène ou des interactions avec le matériau de l’emballage.
Raisons courantes pour lesquelles les produits échouent aux tests SPF
Il arrive parfois que les crèmes solaires n’atteignent pas le niveau de protection attendu lors des tests en laboratoire.
Ça peut arriver parce que les filtres UV ne sont pas équilibrés de manière optimale, que la formule ne forme pas un film protecteur uniforme sur la peau, que les principes actifs perdent de leur stabilité avec le temps, ou que des variations de fabrication affectent l’uniformité du produit.
Si les tests montrent que le SPF mesuré est inférieur à la valeur annoncée, les fabricants devront peut-être reformuler le produit, ajuster la valeur du SPF indiquée ou refaire des tests après avoir apporté des améliorations.