
Le règlement définit les filtres UV comme des substances destinées à protéger la peau contre certains effets nocifs du rayonnement ultraviolet en filtrant les rayons UV.
Un principe clé de la réglementation, c’est que les filtres UV sont soumis à un système de liste positive. Ça veut dire que seuls les filtres UV expressément autorisés par la législation peuvent être utilisés dans les produits cosmétiques pour assurer une fonction de protection contre les UV.
Annexe VI : La liste positive des filtres UV autorisés
La liste des filtres UV autorisés figure à l’annexe VI du règlement (CE) n° 1223/2009.
L’annexe VI n’est pas simplement une liste de noms d’ingrédients. Pour chaque filtre UV autorisé, elle peut préciser :
- Concentrations maximales autorisées.
- Restrictions concernant les catégories de produits.
- Conditions d’utilisation spécifiques.
- Exigences supplémentaires en matière d’étiquetage.
- Exigences relatives aux formes nanométriques de la substance.
Du coup, se conformer à la réglementation, c’est bien plus que simplement vérifier si une substance figure à l’annexe VI. Les fabricants doivent s’assurer que l’utilisation prévue respecte pleinement toutes les conditions associées à cette entrée spécifique.
Cette approche diffère du traitement réglementaire appliqué à de nombreux autres ingrédients cosmétiques. Un filtre UV qui ne figure pas à l’annexe VI ne peut pas être utilisé légalement comme filtre UV dans les produits cosmétiques mis sur le marché de l’UE.
Évaluation scientifique avant l’autorisation
Avant qu’un nouveau filtre UV puisse être ajouté à l’annexe VI, il fait l’objet d’une évaluation scientifique de sa sécurité.
L’organisme scientifique principal impliqué dans ce processus est le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (SCCS). Le SCCS examine les données toxicologiques, les évaluations d’exposition et d’autres informations pertinentes pour déterminer si une substance peut être considérée comme sûre dans des conditions d’utilisation bien définies.
Cette évaluation pourrait déboucher sur des recommandations concernant :
- Concentrations maximales.
- Types de produits autorisés.
- Restrictions pour certaines catégories de population.
- Exigences relatives aux nanoformes.
- Autres avertissements ou conditions.
La Commission européenne pourrait ensuite modifier l’annexe VI pour tenir compte des conclusions scientifiques.
Ça veut dire que le statut réglementaire des filtres UV peut évoluer au fil du temps, à mesure que de nouvelles données scientifiques sont mises à disposition.
La conformité, ça n’est pas figé
L’un des aspects les plus importants de la conformité aux normes relatives aux filtres UV, c’est de comprendre que Cette autorisation n’est pas définitive.
Plusieurs filtres UV ont fait l’objet d’une réévaluation ces dernières années à la suite de nouvelles études scientifiques. Dans certains cas, le SCCS a conclu que les concentrations précédemment autorisées devaient être réduites. Dans d’autres, de nouvelles restrictions ou exigences en matière d’étiquetage ont été mises en place.
Les fabricants devraient donc éviter de se fier uniquement à des formulations anciennes ou à des bases de données réglementaires obsolètes. La veille réglementaire est un élément essentiel de la gestion de la conformité, en particulier pour les produits solaires et autres formulations contenant des filtres UV.
Une formulation qui était conforme il y a plusieurs années peut nécessiter une reformulation ou une mise à jour de la documentation pour rester conforme aujourd’hui.
L’importance des formes nanométriques
Les nanomatériaux font l’objet d’une attention particulière de la part des autorités réglementaires dans le cadre du règlement européen sur les cosmétiques.
Certains filtres UV sont autorisés aussi bien sous forme classique que sous forme nanométrique, tandis que d’autres ne sont autorisés que sous certaines conditions. La forme nanométrique d’un ingrédient peut faire l’objet d’une fiche réglementaire distincte, avec ses propres limites de concentration, exigences de pureté ou obligations d’étiquetage.
Les fabricants qui utilisent des filtres UV nano doivent vérifier attentivement que la forme exacte de l’ingrédient correspond bien aux conditions décrites dans la rubrique correspondante de l’annexe VI.
En plus, les produits cosmétiques contenant des nanomatériaux peuvent être soumis à des obligations de notification spécifiques avant d’être mis sur le marché.